1. Ségolène Royal et la délinquance
2. Mise au point AFP
3. Transcription de l'interview de France2 voir la vidéo
Ségolène Royal - France 2
En visite à Bondy (Seine-Saint-Denis), la députée PS a prôné mercredi la manière forte pour lutter contre la délinquance
Elle a notamment proposé une "mise sous tutelle des allocations familiales" et un "encadrement à dimension militaire".
"Le premier enjeu, c'est de tarir la source de la délinquance", a estimé la candidate socialiste favorite des sondages dans la course à la présidentielle en dénonçant "la faillite du ministre de l'Intérieur", Nicolas Sarkozy.
"Il est possible de rétablir un ordre juste et une sécurité durable avec fermeté et la volonté d'arrêter la production massive de la délinquance", a affirmé Ségolène Royal, députée socialiste des Deux-Sèvres.
Elle a préconisé un système de "tuteur des collégiens", "c'est-à-dire qu'il y ait dans les classes deux adultes au lieu d'un, l'enseignant qui transmet le savoir et un adulte qui établit la discipline". Elle a également estimé qu'il fallait "retirer des collèges les gamins qui y font la loi et qui pourrissent la totalité d'un établissement scolaire". "Il faut les recadrer dans des internats scolaires de proximité, des structures que l'on met dans le quartier pour que les parents continuent à assumer leurs responsabilités en partenariat avec les éducateurs", selon elle. "Pour les enfants de plus de 16 ans, il faut inventer des systèmes massifs de prise en charges des jeunes au premier acte de délinquance, parce que la solution de la prison est pire que tout", a également estimé Ségolène Royal.
Elle a par ailleurs appelé à "une révolution scolaire". A ses yeux, les collèges devraient être divisés afin de "ne pas accueillir plus de 400 élèves".
Regrettant la suppression du service militaire, la présidente de Poitou-Charentes, qui est fille d'officier, a affirmé: "si l'on veut donner une nouvelle chance aux jeunes au premier acte de délinquance, il faut des systèmes d'encadrement à dimension militaire, avec des actions humanitaires, des orientations vers l'apprentissage des métiers, avec le passage du permis de conduire et le réapprentissange de la citoyenneté".
"Il faut épauler les familles, ne pas les disqualifier et quand les incivilités se multiplient, avoir un système d'obligation pour les parents de faire des stages dans des écoles de parents, avoir des systèmes de mise sous tutelle des allocations familiales, comme c'est le cas aujourd'hui, mais dans des logiques éducatives de réinsertion des parents", a encore dit Ségolène Royal.
Lors de ses interventions en Seine-Saint-Denis, les maires socialistes de Clichy-sous-bois, Claude Dilain, et de Bondy, Gilbert Roger, étaient présents à ses côtés, ainsi que la députée de Seine-Saint-Denis et ancienne garde des Sceaux PS Elisabeth Guigou.
Lors de sa conférence de presse mensuelle, le premier ministre, Dominique de Villepin, s'est "réjoui" de voir que "l'action du gouvernement [en matière d'insécurité] fait évoluer la réflexion de certains candidats, et en tout cas d'une candidate". Ségolène Royal "avance dans des directions où, d'ores et déjà, nous agissons et sommes soucieux d'apporter des réponses", a-t-il ajouté. "Il y a un débat intéressant qui doit se nouer. Je n'ai pas vu beaucoup d'idées nouvelles, mais je pense que c'est le point de départ d'un débat", a-t-il dit. Il a par ailleurs estimé qu'elle n'avait pas été "très précise" à propos d'éventuels centres ou établissements pour jeunes délinquants et que la "réflexion" méritait d'être affinée.
Quant au député-maire UMP du Raincy (Seine-Saint-Denis), Eric Raoult, il estime qu'avec ses propositions, Ségolène Royal se montre "socialo-réac". "Mettre l'armée autour des jeunes, supprimer les allocations familiales: quand Sarkozy le dit, c'est terrible, quand Ségolène Royal le dit, c'est acceptable", a-t-il ironisé. "Il est plus facile de s'occuper du Chabichou [fromage de chèvre poitevin, NDLR] que des mômes dans les quartiers. Niort [chef-lieu des Deux-Sèvres, NDLR] est beaucoup moins compliquée que la Seine-Saint-Denis", a ajouté Eric Raoult.
Ségolène Royal affirme ne pas "se placer sur le terrain de Nicolas Sarkozy"
2 Juin 2006 9h31 PARIS (AFP)
Ségolène Royal (PS), dont les propositions pour lutter contre la délinquance ont suscité de nombreuses réactions, s'est défendue vendredi de "se placer sur le terrain de Nicolas Sarkozy", en dressant "un constat de faillite de la politique" du ministre de l'Intérieur. "Je ne me place pas sur le terrain de Nicolas Sarkozy, je me place sur le terrain des gens qui souffrent", a affirmé Mme Royale sur France 2. "Où sont les deux principales souffrances ? C'est le chômage et la précarité et c'est la question de l'insécurité et des violences", a dit la députée des Deux-Sèvres. Or, selon elle, avec la droite, "rien n'est traité". "Certains mêmes pensent que cette situation serait entretenue parce qu'elle pourrait être utile au cours d'une campagne électorale si les émeutes reprenaient dans les banlieues", a-t-elle expliqué. Mme Royal, candidate probable à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007, a estimé que la gauche devait "trouver des mesures nouvelles en restant fidèle à ses valeurs". Appelant de ses voeux "une République de respect", la présidente de la région Poitou-Charentes a expliqué que "la politique des socialistes est de faire en sorte que chaque institution fonctionne là où elle est au bon moment".
"Si la famille fonctionne bien, si l'école fonctionne bien, si l'emploi fonctionne bien, alors nous réussirons à tarir ce qui aujourd'hui alimente la délinquance de masse", a-t-elle ajouté. Elle est revenue sur ses propositions formulées mercredi à Bondy (Seine-Saint-Denis), en admettant notamment que les termes "encadrement militaire" pour les délinquants avaient "pu surprendre".
"Qui va sur le champ des catastrophes humanitaires dans le monde? Les militaires, les pompiers, les gendarmes, les associations humanitaires, c'est-à -dire des professions sous uniforme, parce qu'elles ont des compétences. C'est l'armée citoyenne", a fait valoir Ségolène Royal.
En ce qui concerne la mise sous tutelle des allocations familiales, elle a expliqué qu'il ne s'agissait pas de "suspendre" ces allocations comme le "fait la droite".
"La mise sous tutelle, cela consiste à faire en sorte que les dépenses continuent à se faire, mais avec une personne qui suit ces dépenses" en attendant que la famille "reprenne ses marques".
Selon Mme Royal, cette mesure, comme l'idée de stages, est "respectueuse des familles".
FRANCE 2
LES 4 VERITES – Le 02/06/2006 – 07 :41
Invitée : Ségolène ROYAL
Françoise LABORDE
Avec Ségolène ROYAL, nous allons revenir sur ce que la presse appelle ce matin « le coup d’éclat de Ségolène ROYAL ». Ségolène ROYAL dont on disait : « on attend ses idées, on attend ses propositions », alors elle en a fait quelques unes qui font beaucoup, beaucoup de bruit. J’ai envie de vous demander tout de suite (merci d’être avec nous ce matin) pourquoi vous vous placez sur le terrain de Nicolas SARKOZY ?
Ségolène ROYAL
Mais je ne me place pas sur le terrain de Nicolas SARKOZY ! Je me place sur le terrain des gens qui souffrent. Etre socialiste, c’est d’abord répondre aux problèmes des gens qui souffrent. Où sont les deux principales souffrances aujourd'hui ? C’est le chômage et la précarité et c’est la question de l’insécurité et des violences. D’ailleurs, souvent, les deux sont liés car lorsque des parents sont en situation de précarité, n’ont pas un salaire régulier, n’ont pas un travail régulier, ils ont du mal à assurer leurs responsabilités de parents. Et les enfants n’ont pas envie de travailler à l’école puisqu’ils voient que, même quand les grands frères ou les grandes sœurs ont passé le baccalauréat, ils sont au chômage, alors ils ont un doute sur le sens de l’effort scolaire. Donc tout se tient, c’est la sécurité au travail qui apporte aussi la sécurité dans la famille et qui apporte la sécurité dans le comportement à l’école.
Françoise LABORDE
Mais les mesures, on va revenir sur les différentes mesures que vous avez préconisées hier, est-ce que ce n’est pas une façon quand même de copier, si ce n’est SARKOZY, du moins la droite et est-ce qu’il n’y a pas un moment où on se dit : mais après tout la droite, elle fera toujours mieux que la gauche en matière de sécurité ?
Ségolène ROYAL
Au contraire, je pense que c’est par rapport à un constat de faillite de la politique de Nicolas SARKOZY que la gauche fait des propositions nouvelles. Qu’est-ce qu’il y a dans le projet socialiste ? Il y a l’égalité devant la sécurité et il y a l’accès à l’emploi. Il faut donc trouver des mesures nouvelles en restant fidèle à nos valeurs. Aujourd'hui pourquoi y a-t-il une faillite de SARKOZY, du Ministre de l’Intérieur ? D’abord parce que les chiffres sont là. Il y a eu cette année 45 000 voitures brûlées, c'est-à-dire le double de l’année précédente. En quatre ans, il y a 20 % d’augmentation des agressions contre les personnes. La deuxième faillite, c’est la situation dans les cités où on sait que la situation est extrêmement tendue.
Françoise LABORDE
Les émeutes, ça ne s’est pas vraiment arrangé.
Ségolène ROYAL
Hier, en rencontrant les maires de ces villes, je peux vous dire que leur inquiétude est extrêmement forte. Et enfin parce qu’on n’a pas la République du respect que j’appelle de mes vœux. Il y a une politique de mépris qui cherche à enfoncer les jeunes. Certains même pensent, parmi les élus ou les habitants des quartiers, que cette situation serait entretenue parce qu’elle pourrait être utile au cours d’une campagne électorale, si en effet les émeutes reprenaient dans les banlieues. Donc, rien n’est traité. La politique des socialistes, c’est de faire en sorte que chaque institution fonctionne là où elle est, au bon moment. Si la famille fonctionne bien, si l’école fonctionne bien, si l’emploi fonctionne bien, alors nous réussirons à tarir ce qui aujourd'hui alimente la délinquance de masse.
Françoise LABORDE
Mais Ségolène ROYAL, vous parlez de République du respect que vous appelez de vos vœux, je prends quelques unes des mesures que vous préconisez : la mise sous tutelle des allocations, les stages école des parents, mettre des tuteurs de collégiens aux côtés des enseignants, et même, même avoir recours à l’armée. Quand on donne ce panel de mesures, on se dit : mais est-ce que ça correspond avec cet idéal de République du respect ?
Ségolène ROYAL
Ce qui est important c’est la cohérence. La cohérence, elle est là sur des choses que je connais bien parce que je m’en occupe depuis des années.
Françoise LABORDE
Ca, je dois dire qu’il faut reconnaître que les internats relais que vous avez mis en avant, vous les aviez mis en place en 97 quand vous étiez à l’enseignement scolaire, c’est vrai, sur ce chapitre là, on doit vous reconnaître une incontestable constance.
Ségolène ROYAL
Les choses doivent être conduites avec fermeté mais avec justice. On doit faire en sorte que les choses fonctionnent et si ça ne fonctionne pas, prendre des mesures. Faire en sorte que la famille fonctionne, je l’ai dit, et si ça ne fonctionne pas, on met sous tutelle les allocations familiales, ce qui est le contraire de ce que fait la droite aujourd'hui, puisque la droite…
Françoise LABORDE
En quoi c’est différent ?
Ségolène ROYAL
En quoi c’est différent ? La droite aujourd'hui suspend les allocations familiales, c'est-à-dire les supprime pour les familles. La mise sous tutelle qui existe d’ailleurs depuis des années (je pense que chacun qui aujourd'hui prend la parole doit d’abord s’informer avant de déformer les choses), ça consiste à faire en sorte que les dépenses continuent à se faire pour la famille, mais avec une personne qui suit ces dépenses et qui décide. Et lorsque la famille a repris ses marques, il s’agit d’ailleurs souvent de femmes seules, et la question de l’insécurité, c’est souvent une question de femmes…
Françoise LABORDE
De mamans qui se laissent déborder.
Ségolène ROYAL
Car quand on est seule face à un, deux, même plusieurs adolescents, on est en grande difficulté, d’où l’idée des stages, des réseaux de parents, c'est-à-dire des parents qui se regroupent et qui sont épaulés par un travailleur social, pour faire en sorte d’assumer leurs responsabilités. Donc, c’est une mesure respectueuse des familles, mais qui cherche à les réinstaller dans leur position d’autorité parentale.
Françoise LABORDE
Donc l’internat relais, la mise sous tutelle des allocations, les stages pour l’école des parents, tout ça on voit.
Ségolène ROYAL
Internats relais : qu’est-ce qui est préférable ? Moi, je les ai vus, les enseignants dans les collèges, qui sont en grande difficulté lorsque quelques enfants arrivent à perturber une classe. Qu’est-ce qui est mieux pour ces enfants ? Vous savez, j’ai vu des enseignants - en classe de 4ème ! - me donner les noms des enfants qui finiraient en prison, à partir de la classe de 4ème si rien n’était fait. Est-ce que les socialistes peuvent accepter…
Françoise LABORDE
La faillite du système.
Ségolène ROYAL
… que des destins d’enfants se nouent dès la classe de 4ème et qu’on sache pertinemment que ces enfants vont finir délinquants ? Non ! Je pense qu’être socialiste c’est refuser cette fatalité.
Françoise LABORDE
Les internats relais, c’est quoi, on les met, on loue un appartement…
Ségolène ROYAL
On les sort du collège parce qu’ils perturbent le collège et on les recadre dans des structures éducatives, dans un appartement de proximité parce qu’il ne faut pas disqualifier les parents. Donc les parents peuvent continuer à être associés aux encadrants qui vont reprendre les enfants, les lever à l’heure le matin, leur redonner des règles de vie en commun, leur faire faire leurs devoirs, faire en sorte qu’ils fassent du sport, des activités culturelles. Qu’est-ce qu’ils font les parents qui ont des moyens et qui ont des enfants en difficulté ? Ils les mettent où ? Dans des internats privés, très coûteux. Pourquoi les enfants issus des familles populaires n’auraient pas le droit d’avoir au bon moment un système qui les raccroche à la réussite scolaire ? Etre socialiste, c’est ne pas accepter la fatalité de l’échec scolaire pour les familles les plus déstructurées.
Françoise LABORDE
Mais le recours à l’armée, enfin le recours à l’armée, quand on dit ça… enfin tout de même l’idée d’avoir un encadrement militaire pour les plus de 16 ans qui s’engagent, si je puis dire, dans la délinquance. Avouez qu’il y a de quoi être un peu désarçonné ?
Ségolène ROYAL
Je reconnais que le mot « militaire » a pu surprendre mais de quoi s’agit-il ? Lorsqu’il y a une catastrophe humanitaire dans le monde, qui va sur les champs des catastrophes humanitaires ? Les militaires, les pompiers, les gendarmes, les associations humanitaires. C'est-à-dire des professions effectivement sous uniforme parce qu’elles ont des compétences et que c’est une armée citoyenne. Et donc l’idée, quelle est-elle ? Est-ce qu’il est préférable pour un jeune qui vient de commettre son premier acte de délinquance d’être en prison, dans cette école du crime d’où on ressort plus délinquant que lorsque l’on y est rentré ?
Françoise LABORDE
Il y a déjà des expériences qui existent outre-mer…
Ségolène ROYAL
Mais même en France il y a déjà des expériences. Il y a quelques milliers de jeunes qui aujourd'hui bénéficient déjà de ce système, il ne s’agit pas de délinquants durs et récidivistes.
Françoise LABORDE
Non, ils sont volontaires.
Ségolène ROYAL
Ils sont volontaires, c'est-à-dire qu’ils ont le choix entre la prison ou refaire un chantier humanitaire, réapprendre un métier, être réencadré en association. Pourquoi pas avec d’autres types d’encadrants, de professionnels ? Mais l’encadrement militaire, ce n’est pas l’encadrement d’un service militaire où on apprend à tirer, où on conduit un char (encore que ça peut intéresser des jeunes, ça peut amuser… les garçons !). Mais il s’agit de redonner un certain nombre de repères dans le respect des jeunes, dans l’affection des jeunes, dans la volonté de les remettre dans le droit chemin au bon moment avant qu’ils ne basculent dans la délinquance la plus dure. C’est la même cohérence : tarir le flux de production de la délinquance de masse que nous avons aujourd'hui et qui est le résultat de la politique SARKOZY car on est dans ce système. Faut-il fermer les yeux ou faut-il trouver des solutions respectueuses, préventives, fermes quand c’est nécessaire, mais qui s’appuient sur la conviction qu’aucun enfant n’est fichu d’avance, qu’aucun enfant n’est perdu ?
Françoise LABORDE
Alors pourquoi vous avez cette conviction là ? C’est vrai que vous avez toujours une sensibilité très particulière à ces questions, j’allais dire, d’éducation, de famille, d’encadrement des enfants, pourquoi ? Parce que vous êtes une mère de famille, votre parcours à la Famille, à l’Education nationale ?
Ségolène ROYAL
Mais parce que j’écoute les gens ! Je regarde où sont les souffrances. Je regarde où sont les dysfonctionnements de la société. Je regarde là où les socialistes ne peuvent pas se satisfaire de la situation actuelle. Parce que je suis socialiste et parce que je considère qu’il y a une autre façon de faire que celle de la droite qui consiste à dresser les gens les uns contre les autres. Parce que la droite se dit à un moment : quand il va y avoir de la violence, ça va nous profiter puisque, par définition, on pense que la droite traite mieux ces problèmes. Moi, je dis ici que la droite fait faillite, qu’elle ne traite pas bien ces problèmes, que la situation est extrêmement dangereuse, qu’elle va déraper et qu’il y a d’autres façons de faire : c’est la République du respect.
Françoise LABORDE
Et de la fermeté quand même.
Ségolène ROYAL
Et de la fermeté. D’ailleurs, ce mot de « respect », c’est un mot les plus répondus dans les chansons de Rap. Je voudrais dire aussi aux jeunes des quartiers qu’il est intolérable qu’un Ministre de l’Intérieur fasse toujours l’amalgame entre la délinquance et les quartiers. Dans la région que je préside, j’ai 14 quartiers en zone urbaine sensible, donc je les vois, les élus les voient ces jeunes dynamiques, volontaires, pleins d’énergie, pleins d’initiative. Aujourd'hui, nous les encourageons dans la région à créer leur propre activité, leur propre entreprise et je puis vous dire qu’ils ont des talents exceptionnels. Tous les enfants sont nos enfants et moi je veux faire pour les enfants de ce pays ce que je ferais pour mes propres enfants.
Françoise LABORDE
Vous êtes leur mère de famille…
Ségolène ROYAL
Je n’irais pas jusque là, mais je pense qu’une femme peut peut-être justement mieux régler ces problèmes parce qu’elle n’a pas peur de la fermeté et parce qu’elle est capable de dire : je suis ferme avec toi, j’ai de l’autorité avec toi parce que je t’aime et que je considère que tu as la possibilité en toi de réussir. Et si tous les enfants entendent ça, alors ils sentiront qu’ils font partie de ce pays et qu’on va leur trouver des solutions pour reconstruire l’estime d’eux-mêmes et donc respecter les autres.
Françoise LABORDE
Vous savez que vous vous placez en porte à faux vis à vis peut-être du Parti Socialiste, du projet socialiste, en prenant des positions comme ça très personnelles avant même que le projet existe, ça vous est égal ?
Ségolène ROYAL
Mais pas du tout ! Dans le projet socialiste, il y a l’égalité devant la sécurité, et l’égalité devant la sécurité, c’est d’abord de s’occuper de ceux qui en souffrent le plus, c’est être efficace et respectueux.
Françoise LABORDE
Merci beaucoup Ségolène ROYAL d’être venue nous voir ce matin.
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