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Fédération du Parti Socialiste des Bouches-du-Rhône

Assemblée Générale des Militants – Vendredi 19 Septembre 2008

Intervention de Nadia BRYA,                                                                                         Représentante de la contribution « COMBATTRE ET PROPOSER » présentée par Ségolène ROYAL

Chers Camarades,

Ce soir, j’ai deux raisons de me réjouir, la première celle de représenter Ségolène Royal devant cette assemblée, la deuxième celle de l’accord politique trouvé entre notre contribution « Combattre et proposer » et celle de la « Ligne Claire » portée par Jean-Noël GUERINI dans les Bouches-du-Rhône.

Mais, chers camarades, jamais le moral des Français n’a été aussi bas, la France va mal, comme si nous étions tétanisés par l’implacable travail de sape entrepris par le pouvoir actuel contre notre modèle social. La France a besoin de nous, la France a besoin d’un parti qui se bat pour les citoyens, avec les citoyens, voilà ce que nous voulons, car nous avons une responsabilité immédiate, immense, incontournable, celle que nous ont confiée nos électeurs : proposer une véritable alternative politique et sociale. Une vision du monde.

Pour cela unir tous les courages, toutes les intelligences, tous les savoirs et toutes les bonnes volontés pour construire le parti du socialisme d’aujourd’hui.

Nous voulons faire la société plus humaine, c’est l’immense tâche des socialistes et de la Gauche.

Le Parti socialiste doit être au centre des préoccupations de notre Congrès. Il ne doit pas seulement être l’instrument du pouvoir mais un outil permanent de la démocratie y compris et surtout lorsqu’on est pouvoir.

Il doit être un laboratoire social, un lieu de confrontations et de convergences des idées.

Il doit être le lieu où les femmes et les hommes, les jeunes et les anciens, les Français de toutes les origines, de tous les talents et de tous les métiers se retrouvent. Voilà pourquoi la parité hommes/femmes et la diversité des origines de sa composition humaine sont une exigence politique et éthique, et la condition de son attractivité et de son succès.

Mais son succès est lié au respect des militants, pour cela les décisions du parti doivent être respectées. Etre membre des instances du Parti Socialiste ne donne pas que des droits mais donne aussi et surtout des devoirs vis-à-vis du parti et de ses militants.

Et, c’est nous militants, qui en novembre prochain, aurons la responsabilité de décider de l’avenir de notre Parti. Lourde responsabilité, car décidant de l’avenir du plus grand parti de Gauche, nous choisirons l’avenir de la Gauche, de la France et de l’Europe.

Mais c’est aujourd’hui que les Français nous attendent, chers camarades, aujourd’hui que la France attend notre Parti, une France où les salaires stagnent, les prix montent, tandis que l’ascenseur social descend. Une France où Catégories populaires et moyennes sont logées à la même enseigne : chacun sait qu’il peut désormais devenir travailleur pauvre !

Les salariés voient leur pouvoir d’achat sérieusement entamé par une inflation favorable à la grande distribution et un carburant exorbitant. Etrange paradoxe d’une mondialisation où faire trente kilomètres devient un problème pour des millions de familles.

Pendant ce temps, les patrons du CAC 40 voient leurs revenus augmenter de 58% pour la seule année 2007. Le capitalisme des rentiers se porte merveille tandis que pour les PME toutes les portes sont verrouillées.

Pour aider les PME, nous proposons entre autres de redéployer les aides vers les PME et de les cibler sur une priorité : l’accompagnement dans leurs efforts de création d’emplois et d’investissement.

Mais, chers camarades, nous assistons aussi aujourd’hui avec le gouvernement actuel au démantèlement de l’Etat, qu’on veut démettre de ses plus fondamentales missions de service public, démantèlement de la Sécurité sociale, du droit à la retraite, de la durée légale du travail , du code du travail, de l’Education, des médias et de l’audiovisuel public, de la justice, de la Laïcité, abandon des banlieues.

C’est une politique archaïque avec un système de pouvoir qui repose sur la concentration et la fusion des intérêts politiques, financiers et médiatiques d’une nouvelle aristocratie. Celle du nouveau capitalisme, celui du clan des affairistes qui a déjà été payé de sa connivence : le bouclier fiscal, la publicité volée au service public pour renflouer les chaînes privées, et à l’horizon la privatisation d’EDF et d’AREVA.

Nous avons à faire à une droite dure, encore en campagne, une campagne idéologique pour défaire la Gauche sur tous les terrains. C’est elle aujourd’hui qui pose les termes du débat et qui s’empare de nos symboles et de nos valeurs pour mieux les détourner.

Car nous le voyions bien, une nouvelle révolution est là, chers camarades, comparable à celle qu’a connue le 19ème siècle. Et c’est toujours la même question avec une révolution, dans quelle mesure la subit-on ? Dans quelle mesure la maîtrise-t-on ?

D’immenses défis surgissent, de grands dangers menacent. La circulation folle de l’argent détruit les économies. La crise alimentaire plonge dans la malnutrition ou la famine des centaines de millions de personnes. La spéculation sur les matières premières fait rage. Les délocalisations sauvages se multiplient. Le coût du pétrole renchérit les prix. La crise écologique et climatique précipite les échéances. Ici ou là, les nationalismes, le terrorisme et les guerres régentent ce que nous n’arrivons pas à organiser.

Cette concomitance des crises marque un changement d’époque. Elle entraîne une contestation de cet hyper libéralisme qui règne depuis la fin des années 1970. Qui aurait pu imaginer que des financiers demandent la nationalisation de banques en quasi-faillite au plus fort du Krach ! La percée de Barack OBAMA traduit aussi le reflux de cette irrésistible vague libérale partie des Etats-Unis lors de l’élection de Ronald Reagan.

Alors voici la mondialisation que nous subissons, que nous refusons, que nous devons arrêter.

Mais la mondialisation, chers camarades, n’entraîne pas que des désastres. D’immenses progrès ont été accomplis. La science, grâce à une recherche sans frontières, a repoussé les limites de la vie et amélioré la santé des humains. Les nouvelles technologies de la communication ont unifié le monde plus vite que des siècles d’exploration maritime. Les investissements se réalisent aux quatre coins de la planète et créent de la richesse. Les accords internationaux organisent peu à peu une communauté juridique et politique mondiale.

Voici la mondialisation partagée, celle que nous maîtrisons, celle que nous souhaitons.

Soit la mondialisation constituera un progrès de civilisation, soit elle sera porteuse de toujours plus de malheurs, et c’est de la volonté politique que cela dépendra, chers camarades.

Alors, l’heure n’est plus aux diagnostics tièdes, aux appréciations timorées, mais à la lucidité radicale. Oui, il y a besoin de radicalité, car ce ne sont plus simplement les effets du système qu’il faut dénoncer, mais ses fondements et ses présupposés. Mettre l’économie au service de l’homme sans détruire les trésors de sa planète c'est-à-dire sans détruire le patrimoine de nos enfants, c’est cela le socialisme du 21ème siècle auquel nous aspirons.

Et pour cela nous proposons de rééquilibrer le rapport de force entre le capital et le travail, d’agir vraiment contre la vie chère en redéployant par exemple une partie du paquet fiscal pour baisser la TVA sur les produits de première nécessité, de faire enfin la révolution fiscale, entres autres en fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG en un seul impôt progressif et donc équitable.

Nos valeurs nous permettront de mener ce combat pour le 21ème siècle. Nos valeurs, pas nos vieilles recettes, car nous devrons inventer un nouveau modèle de développement et de société.

Nous sommes résolument pour le changement. Aujourd’hui c’est le changement qui protège et l’inertie qui affaiblit. Se contenter seulement de défendre des acquis n’est plus protecteur.

La leçon du 21 Avril 2002, cruelle défaite malgré notre bilan, c’est qu’une élection se gagne sur un projet, et que celui-ci doit être élaboré à l’écoute des milieux populaires, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat, de l’insécurité ou du reste.

La leçon de 2007, malgré un bon diagnostic sur la société Française, c’est que nos réponses sont insuffisantes et que la division est le pire des poisons.

Ne nous bornons pas à résister, à protéger, à atténuer les dégâts, à conserver en quelque sorte. Construisons un socialisme radical, offensif et pragmatique.

Nous voulons faire du socialisme une force neuve dans ce siècle, avec une lucidité radicale, un grand parti porteur d’espoir avec de nouvelles formes de militantismes, un parti où le respect des militants doit être au cœur de sa démarche, un parti qui doit encore et toujours fédérer la Gauche mais aussi pour vaincre la droite, attirer les démocrates qui se reconnaîtront dans notre conception de la République et de la Démocratie.

L’enjeu de ce Congrès, chers camarades, n’est pas de faire le programme de gouvernement de 2012. L’enjeu de ce congrès, c’est d’abord que les socialistes soient capables de mener la bataille des idées et de convaincre, de persuader nos concitoyens qu’une autre politique est non seulement possible mais qu’elle est indispensable.

Contre l’économie de la rente, la dégradation de la condition salariale et le mépris des ressources rares, nous voulons une économie de l’innovation, du risque, mais aussi de la solidarité et du développement durable pour que les trois piliers de la croissance que sont le social, l’écologique et l’économique se renforcent mutuellement dans un cercle vertueux. Nous voulons à la fois mieux produire les richesses et mieux les distribuer, mais nous voulons aussi définir autrement la richesse.

C’est bien d’un nouveau modèle de réussite et d’excellence pour la France qu’il s’agit. Celui-ci doit s’accompagner d’une réforme en profondeur de la redistribution et des modes d’action de l’Etat pour lequel la justice fiscale, la conditionnalité des aides aux entreprises, la réforme de l’Etat Providence, le dialogue social sont des instruments de la compétitivité.

Notre ambition appelle deux exigences : la première celle d’un Etat providence qui prévient plutôt qu’il ne répare, capable d’accompagner les individus dans tous les moments de leur vie, un Etat préventif qui attaque les inégalités à la racine, qui met l’Education au cœur de son projet, qui lutte très tôt contre la violence, qui affirme le droit des travailleurs à être bien formés, un Etat qui permet de bien vivre dans l’après-Pétrole

La deuxième exigence est celle d’une révolution démocratique pour dépasser les paralysies de la société Française, pour réduire les inégalités et moderniser la France, c’est simplement oser enfin la démocratie jusqu’au bout en faisant confiance aux élus locaux, en modernisant le Parlement, en encourageant la démocratie participative, en garantissant la liberté de la Presse, en portant haut l’exigence de Justice et de Droits de l’homme.

C’est le projet de la 6ème République, d’une République des citoyens, démocratique, sociale et laïque.

La Laïcité, ce principe constitutionnel fort doit de nos jours être plus que jamais défendu. Contre les intégrismes de toutes obédiences qui tentent de le remettre en cause. Mais aussi contre les manquements répétés du Chef de l’Etat à son devoir de neutralité, de gardien de la Laïcité et d’égalité de traitement de tous les citoyens, libre de croire ou de ne pas croire. Contre une lecture révisionniste de notre Histoire qui, sous prétexte de promouvoir une laïcité ouverte, ces derniers jours positive fait passer la loi de 1905 pour dogmatique et sectaire, il faut affirmer l’actualité d’un texte juste et équilibré.

La France doit être fière de sa Laïcité républicaine et fidèle à la loi fondatrice de 1905, qui protège les libertés de conscience, de pensée et de culte, en mettant comme le disait Victor Hugo, l’Etat chez lui et la religion chez elle, sans ingérence ni de l’un ni de l’autre.

Cette démocratie, chers camarades, ne peut s’arrêter aux frontières de la France. Parce que nous socialistes, héritiers des Lumières, sommes aussi les citoyens du monde. La démocratie doit être l’instrument de la réorientation nécessaire de l’Europe et de la définition d’un nouvel internationalisme.

Alors, oui chers camarades, le socialisme est plus que jamais une idée neuve pour le 21ème siècle.

Ce monde qui arrive, nous devons l’affronter avec un parti serein, nous avons à construire un parti fort, présent dans la société, acteur des débats et des luttes.

En conclusion, les Français veulent que les idées s’assument franchement. C’est donc pour eux que le Congrès de Reims doit être le premier acte de la reconquête idéologique, puis politique, puis électorale. Notre congrès est une chance, chers camarades. Réussissons-le.

Nadya BRIA


Samedi 27 septembre 2008 6 27 /09 /2008 20:30
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