« Sans la République, le Socialisme est impuissant, sans le Socialisme, la République est vide. »
Jean Jaurès
Cette citation en exergue met en avant le désir de réappropriation du passé et des fondamentaux socialistes;
la volonté et l’ingéniosité de Sarkozy réside dans la faculté qu’il a eu de feindre un pragmatisme politique dénué d’idéologie, alors que l’application de son programme n’est qu’une déclinaison pratique redoutable du néo-libéralisme international appliqué a la France.
Nous avons perdu pour un temps la bataille des idées parce que nous n’assumons plus ni notre passé ni nos valeurs (qui peuvent être partagées au delà de la sphère socialiste).
Le matraquage médiatico-politique autour de la question des 35H est une de nos défaites les plus cuisantes, on pourra toujours regretter les modalités d’application de la loi Aubry, mais il fallait tenir bon sur le fond de la réforme, parce qu’elle était éminemment socialiste et progressiste ; au contraire nous avons abondé dans le sens d’une reconnaissance tacite de l’erreur…il n’en fallait pas plus pour dédouaner toutes les années de gestion économique calamiteuse a mettre au crédit de la droite qui chaque fois qu’elle est en difficulté nous ressort le fameux « carcan des 35H », pourtant il y’aurait beaucoup a dire sur leurs choix de politique économique et sociale : la méthode Coué pratiqué par notre président actuel au sujet des heures supplémentaires défiscalisées, le paquet et le bouclier fiscal qui grèvent le budget de l’état de 15 Milliards d’€/an (et là il s’agit bien d’un choix idéologique au sens propre du terme), le concept du « travailler plus, pour gagner plus » que nous n’avons que très mollement contesté, aujourd’hui c’est la durée légale du temps de travail qui est remise en cause et les engagements de Sarkozy au sujet de la mesure phare de son programme de campagne (heures sup) ne tiendrons pas longtemps face au lobby patronal et a la pression de sa majorité…
Sur le terrain de la sémantique aussi nous avons abdiqué, même dans la bouche de certains de nos responsables nous avons entendu se juxtaposer les problématique de l’immigration et de la sécurité, les mots de solidarité nationale se sont vus remplacé par le vocable odieux « d’assistanat ».
Pour résumer je crois que nous devons nous décomplexer en assumant notre corpus idéologique quitte a le réactualiser mais sans le dénaturer, la droite de Sarkozy est populiste, conservatrice et réactionnaire ;
N’ayons pas honte d’être la gauche progressiste, humaniste et réformiste, mais il y’a réforme et réforme :
Le train de mesures sociales et économiques mises en place par le gouvernement Sarko/Fillon doit être réfuté en tant que tel, c’est un vaste programme de régression sociale qui est en branle, le projet de civilisation dont le noyau dur idéologique est construit autour de l’hyper individualisme est un projet de société dangereux, nuisible a l’harmonie et a la cohésion sociale, une politique où la précarité prend des proportions pandémiques et ou l’inégalité sociale est chaque jour de plus en plus accentuée.
Le réformisme socialiste est l’héritier intellectuel de mai 68 et nous devons en être fiers!
Le réformisme socialiste est l’héritier social et économique du front populaire et nous devons nous battre pour préserver les acquis sociaux et pour que les réformes profitent au plus grand nombre et dans l’intérêt de chacun !
Si nous nous faisons violence et que nous nous acceptons tel que nous sommes le travail introspectif sera bref (le temps nous manque) et nous devons redevenir La force d’opposition et de proposition qu’attendent les français.
Peut on en sortir ?
L'opposition incarne le désir (inassouvi) de changer les choses, le gouvernement est confronté à la difficulté du besoin de changer les choses.
Une solution est de batir un dessein politique, un grand projet de société, un objectif utopiste élaboré à partir de plusieurs temps:
1. l'expression d'un désir collectif exprimé sans contrainte à partir du ressenti présent et du désir futur par les citoyens
2. l'avis d'experts techniques, politiques, scientifiques, ... pour déterminer les contraintes et dégager les choix possibles pour parvenir aux objectifs
3. la légitimité des citoyens à débattre et à adhérer à un projet parmi plusieurs
4. la volonté politique de respecter la légitimité du choix et de ne la remettre en cause qu'aprés explication et débat (pas besoin de référendum, expression émotionnelle par excellence).
tout ceci fait trés monde des bisounours mais rappelons nous que les comités d'action de mai 68 en ont été le prototype fugace et qu'ils en aient sortis pas mal d'innovations (instances représentatives , conseil de classe, comité d'entreprise, ciq, ...) que les politiques, les industriels et les syndicats ont bien été obligés d'accepter.
Le débat participatif sous toutes ses formes et hors du temps électif est un des lieux privilégiers des temps 1 et 3.
La difficulté de la proposition tient dans sa durée qui ne correspond pas à l'immédiateté de notre époque et s'accommode mal du temps politique français.
Je n'en veux que pour preuve que l'on ne parle plus des 100 propositions qui sont malgré les doutes pourtant issues d'une réflexion citoyenne.
Je n'ai pas encore de solution pratique mais d'autres commentaires vont certainement apparaitre
à suivre .........